Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.
 
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 Une explosion fendit la nuit... [libre]

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Pr. Antiochus Ackroyd
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MessageSujet: Re: Une explosion fendit la nuit... [libre]   Jeu 8 Jan 2009 - 22:35

Haussement d'épaules
du professeur qui avait bien du mal à suppoerter ces gérémiades
incessantes. Il n'était pas fait pour ça. Et si le médicomage lui avait
demandé son avis pour une autre personne, il lui aurait sûrement lancé
un stupefix pour avoir enfin la paix et laisser le professionnel
prodiguer ses soins. Malheureusement dans le cas présent, il s'agissait
d'une élève de Poudlard, une de ses élèves, qui en plus avait déjà subi
beaucoup, mais ça, il n'était pas près de le prendre en considération
ou presque. La mauvaise foi était un de ses sports favoris, un de ceux
qui était souvent trahi par quelques gestes, comme par exeple le fait
d'avoir porté cette élève tout à l'heure pour lui éviter de boîter.


Une
fois de plus, devant l'air maussade et menaçant du professeur, le
médicomage continua ses soins en feignant de ne pas entendre les cris
de la jeune fille. Il tenta de la rassurer du mieux qu'il pouvait.


-
Dans quelques minutes, les éléments actifs de la pâte auront fait effet
et vous ne sentirez presque plus rien. Je vous le promets.


Ulcéré
par cette scène qui n'était résolument pas pour lui, Ackroyd sortit de
la chambre et partit en quête d'un hibou. Il traversa des couloirs ou
les patients se bousculaient sur les sièges d'attente. Parmi eux,
beaucoup venaient de Piccadilly. Fractures, entailles, brûlures, et
plus étonnant pour les médicomages, blessures par balles. L'activité
tournait à plein régime dans l'établissement.

Dans le hall d'accueil, il s'adressa à une charmante dame à qui il demanda un hibou.

- Oui, monsieur, nous avons un service pour cela au fond du couloir à droite.

- Merci.

Il
reprit chemin et avança jusqu'à une minuscule volière où il écrivit une
missive destinée aux parents d'Ehlana. Avec un peu de chance, ils ne
seraient pas bien loin et ne mettraient pas trop de temps à venir.
Dans son courrier, Ackroyd resta évasif sur l'accident, mais il les pria de bien vouloir rejoindre Sainte-Mangouste dans les plus brefs délais.
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Ehlana Kalten
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MessageSujet: Re: Une explosion fendit la nuit... [libre]   Ven 9 Jan 2009 - 15:54

L’opération prit un peu plus de temps que prévu, Ehlana ne se décidant toujours pas à laisser le médicomage en paix malgré ses tentatives pour la rassurer. La mauvaise foi étant un talent partagé, elle ne voulait pas croire en ces paroles réconfortantes et elle ne voulait de toute façon pas attendre que sa pâte fasse effet pour ne plus avoir mal. Elle voulait ne plus avoir mal MAINTENANT. Ce qui n‘était pas quelque chose de difficile à comprendre pour le commun des mortels.

Les sorciers qui se croyaient si fort, si grand comme on lui avait encore démontré ce soir, n’était même pas fichu de soigner sans faire mal. Cherchez l’erreur.

Mais elle fatiguait bien plus vite à empêcher le médicomage de faire son boulot que lui à essayer d’appliquer son baume, ce qui en résulta que la jambe de la Serdaigle se retrouva tout de même badigeonnait de pâte orange après force cri et autre chose du même acabit, et pas toujours très gentille.


- Si vous devez aller au Ministère comme votre père po…
- Ce n’est pas mon père ! s’exclama-t-elle, outrée.
- Ah..? Enfin, je vais bander votre jambe et vous préparer un pot de crème. Laissez la le plus souvent possible à l’air libre et enduisait vos brûlures de crème tous les jours jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien. Et ne forcez pas sur votre jambe. Compris ?
- Compris m’sieur.

Elle ne savait pas si c’était l’idée de ne plus l’avoir sur le dos qu’il lui donnait des ailes, mais le médicomage ne mit que quelques minutes à faire ce qu’il lui avait énoncé et Ehlana se retrouva bien vite de nouveau sur son pied valide. En deux temps, trois mouvements, elle se retrouva avec un pot de crème sous le bras, des béquilles à la moldue dans les mains et le nez dans le couloir à ne plus savoir quoi y faire. Pas le temps non plus de remercier, ne serait-ce qu’un minimum, le médicomage car celui-ci avait disparu dans la foule qui se pressait dans tous les coins.

C’est là qu’Ehlana reprit conscience du fiasco de la soirée, à voir tout ce monde qui peuplait les couloirs. Elle s’en était bien mieux sortie que beaucoup d’entre eux et, elle ne pouvait pas dire le contraire, grâce à son prof. Si niveau réconfort et compréhension, c’était un zéro, ce n’était pas la même chose quand il s’agissait de protéger ses élèves. Elle ne lui ferait donc peut-être pas la tête d’être partit sans un regard alors…

Clopin-clopant, Ehlana alla le retrouver mais fut arrêtée en chemin par...


- Ehlana !
- M'man...

Mais les bras maternels ne lui permirent pas de poursuivre dans cette voie. Elle se retrouva dans l'étau réconfortant, serrer à en être étouffée même. Un main masculine posée sur son épaule la força à lâcher la Serdaigle qui se demandait vraiment par quel miracle ses parents étaient à Ste Mangoute. Mais déjà sa mère enchainait sur son inquiétude.

- Les moldus ont relayés l'attentat sur Piccadilly, que ce soit à la télé ou la radio. On était tellement inquiet ! Oooh...
- Qu'est-ce qui t'est arrivé ?

- Après. Il faut aller au Ministère pour l'instant. Non ? termina-t-elle pour Antiochus, en se concentrant à garder une attitude un peu plus adulte, même si voir sa pauvre maman en larmes ne l'aidait pas à rester stoïque.
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Pr. Antiochus Ackroyd
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MessageSujet: Re: Une explosion fendit la nuit... [libre]   Dim 11 Jan 2009 - 10:23

Un laps de temps passa. Ackroyd retrouva sa chère solitude qui le dissimula au yeux des autres. Les autres, c'étaient les patients, le personnel hospitalier, et tous les gens qui ne le voyaient pas passer, drivés par leurs soins, leurs douleurs et eutres... Maintenant, il était bien. Non que la maladie lui soit rassurante, ou que le fait de voir mourir des gens le rendait heureux. En fait, il était bien car il passait inaperçu, et ça suffisait amplement à son bonheur.

Il gagna le hall d'entrée et se posa sur une chaise. Quelques secondes après, son regard se mit à balayer la pièce et les personnes qui s'y trouvaient. On ne savait jamais. Il y avait beaucoup de monde, et surtout, toutes les couches sociales de la population sorcière étaient représentées. Dans une zone strictement réservée au transplannage, deux "pop" se firent entendre. Un couple affolée montra le bout de leur baguette. Ils n'avaient rien et la femme semblait totalement affolée.

Elle se précipita vers la responsable de l'accueil et lui parla... C'était donc sa mère. Ackroyd s'avança vers eux et prit le relai. La dame commença à jouer les fontaines et Ackroyd commença à se raidir. Il n'était pas homme de conversation, encore moins de réconfort.

Il leur expliqua brièvement la situation et les emmena vers leur fille en leur expliquant ce qui s'était passé, leur glissant à deux occasions un mot sur la bonne tenue de leur fille et son courage malgré les corconstances. Rien ne l'y obligeait, mais il sentit qu'il devait le faire. Nombre d'adultes aurait beaucoup plus paniqué qu'elle. Il lui devait donc bien ça. Secrètement il espérait que ces paretns omettraient de lui rapporter ses paroles.


Lorsqu'ils tombèrent sur elle, Ackroyd fut soulagé de constater que la séance soins était achevée. Il resta en retrait le temps des retrouvailles et se sentit complètement de trop dans la scène lorsqu'Ehlana lui adressa la parole. Le niveau de contraction de ses muscles était à son paroxysme. Une famille, c'était toujours douloureux pour cet homme. Rien que d'y penser... Avant de commncer le travail d'enquête auprès de ses collègues, il lui prit envie de faire quelque chose. Une chose qu'il ne faisait jamais d'ordinaire. En même temps, ça laisserait à ces gens le temps de se retrouver.

- Si vous le voulez seulement. Lors d'une enquête, les 24 premières heures sont déterminantes pour la suite. Je vous laisse... Je vais au bureau, mes collègues doivent m'attendre. Prenez votre temps. La nuit sera longue pour nous aurors.

"Pop"

Ackroyd transplanna au Ministère. Là, il se rendit au bureau, prit une feuille de parchemin et une plume. Elle râcla un peu les fibres du papier et traça patiemment un mot en guise d'en-tête. "maman..."
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Ehlana Kalten
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MessageSujet: Re: Une explosion fendit la nuit... [libre]   Dim 11 Jan 2009 - 23:12

La télé de la chambre d'hôtel était bien allumée depuis un bon quart d'heure et depuis ce quart d'heure, le principal sujet était l'attentat sur Piccadilly. Le nombre de morts et de blessés était inlassablement répété (ce qui ne convenait pas aux oreilles d'Ehlana, spectatrice de ladite télé), les dégâts occasionnés stupéfiants créent l'abasourdissement des badauds que la caméra réussissait à englober, on pouvait même voir les camions de secours des moldus en fond d'image et en fond sonore. Les hypothèses les plus folles étaient avancées comme une explosion de gaz, ce qui n'expliquait en rien le nombre important de morts, dont ceux qui étaient morts par des armes moldus. Ça ne les empêchaient pas de sortir des âneries pareilles.

- Et pourquoi pas des dinosaures qui auraient tout piétiner, tant que vous y êtes ?

Exaspérée, Ehlana ferma la télé et son flot de bêtises et lança au bout du grand lit la télécommande. Elle s'extirpa difficilement des couvertures en faisant attention à sa jambe, nue et sans bandage. Laisser à l'air libre qu'il avait dit le médicomage... Chauffage monter à fond, elle avait dû dormir en short et avec les couvertures remontées jusqu'aux genoux pour ne pas souffrir le martyre toute la nuit mais avec l'inconvénient de ne pas pouvoir bouger comme elle le souhaitait... Dommage mineur au vu de certaine chose... comme celle de l'heure.

Il était 14h et notre fière Serdaigle est toujours couchée. Enfin, elle l'était il y avait à peine dix secondes car maintenant, il était grand temps de se bouger.

Clopinant à gauche et à droite, elle réussit à s'enfermer dans la salle de bain avec des vêtements propres sous le bras. Elle avait en projet de carboniser ceux de la veille. Elle ne se sentait pas capable de reporter ceux qui l'avaient accompagnés pendant tout le temps de cette trop sanglante nuit. Comme on jetait à la poubelle les aliments qui étaient périmés, la Serdaigle allait mettre aux oubliettes tout ce qui avait trait à l'attentat de Piccadilly.

Ou elle les lacèrerait plutôt, parce que le feu n'était plus un élément qui avait ses faveurs quand elle regardait ce qui restait de sa jambe.

En rentrant la veille à l'hôtel, Ehlana et ses parents avaient discuté une grande partie de la nuit (ce qui expliquait l'heure tardive à laquelle elle se levait) de l'attentat et de toutes les raisons qui pouvaient bien pousser des êtres humains à faire ainsi du mal à d'autres êtres humains. De ses craintes d'aller dormir par peur de revivre en entier cette nuit de cauchemar qui ne l'avait que peu épargné. De l'angoisse d'oublier, étrange paradoxe. Autant d'oublier les crimes commis, que d'oublier le visage du mal, l'Auror mort pour la protéger, les moldus assassinés. D'oublier un détail qui pourrait se révéler important pour le Ministère et ses recherches des coupables.

Mais le sommeil était plus fort que toutes les appréhensions et Ehlana avait succombé au marchand de sable sans même sans apercevoir.

Maintenant habillée de pied en cape, le miroir lui renvoyait l'image d'une ado les traits tirés, les yeux dont une nuit de demi-sommeil n'avait pas altéré le rougissement dû aux pleurs. Restait-on toujours la même personne après avoir vécu un tel chambardement ? Les illusions de l'enfance restaient-elles intactes malgré l'horreur ? Ehlana se pinça les joues pour les rougir, sans effet. Elle avait toujours l'air d'être un cadavre. Et dans le fond, elle sentait qu'il y avait quelque chose de mort en elle. Restait à savoir quoi.

Elle bougeait, maugréait, faisait croire que rien ne la touchait alors que c'était tout le contraire. Masque trompeur qui ne trompait personne, à commencer par ses parents qui levèrent la tête dès qu'elle entra dans la pièce où ils l'attendaient. Une lueur d'inquiétude traversa le regard de sa mère à la voir si pâle. Ehlana dénigra la nourriture sur la table, un haut-le-cœur rien qu'à l'idée d'avaler une seule bouchée.

Ses parents se levèrent alors de concert, déjà prêt.


- On peut y aller.

    Bureau des Aurors


Déjà avertit de leur venue prévue dans la journée, un employé du Ministère les envoya rapidement jusqu'au bureau des Aurors.

Presque vide, Ehlana espérait que tous étaient à la recherche du jeune homme qu'elle et son prof avaient eu le malheur de croiser à Piccadilly, sans avoir pu l'arrêter comme il aurait dû l'être.

Renfermée alors que sa présence ici réveillait de sombres pensées au cœur de la Serdaigle, elle attendit à côté de ses parents plus inquiets pour elle qu'ils ne voulaient bien le dire, l'arrivée d'un Auror, voir même de son prof qui pourrait éventuellement être le seul à comprendre ses états d'âme et l'aider à ne plus avoir devant les yeux, comme un voile, les visages des morts, de son collègue décédé ou aux oreilles les paroles monstrueuses qu'elle avait bien pu entendre, ou encore à la pression de bras inconnus autour de son cou. Autant de chose qui rendait le réveil bien difficile.
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Pr. Antiochus Ackroyd
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MessageSujet: Re: Une explosion fendit la nuit... [libre]   Lun 12 Jan 2009 - 10:59

L'eau ruisselait sur sa peau nue et lui procura une infime sensation de bien-être, état qu'il n'avait approché que trop rarement depuis son adolescence. Yeux fermés, il tentait de profiter de l'instant et de faire le vide dans sa tête, ce qui relevait presque de l'impossible pour lui. Machinalement, il se passa la main sur le tatouage qui occupait sa nuque, puis la laissa descendre sur celui qui ornait son pectoral gauche. Hier soir isll ui avait été utiles, mais le feu avait bien failli lui coûter cher. Il lui faudrait encore pratiquer sa concentration pour parvenir à la maîtriser sans se faire dominer par lui.

Il sortit de la douche, prit un drap de bain et se drapa dedans en regardant son visage dans la glace. Ses yeux étaient encore plus enfoncés que d'habitude ans leurs orbites, et ses traits creusés, une véritable épave. Pour une fois, il consentit à se raser et à se passer quelques mixtures pour se donner meilleure mine.

Quand il regagna la partie officielle du bureau, il avait retrouvé une tête qu'on ne lui avait pas connu depuis une bonne dizaine d'années. C'était sans doute l'une des rares fois de sa vie qu'il avait pris soin de lui. Bien sûr, le changement n'était que superficiel. Mais il s'agissait d'un réel progrès. Il était habillé d'une chemise blanche au col largement ouvert et d'un pantalon noir impeccable, le tout recouvert d'une cape.

- Ackroyd, quelqu'un pour toi dans le couloir.

Il prit la direction du corridor et y retrouva la jeune Kalten et sa famille. Il les introduisit dans son bureau et les pria de s'asseoir. La pièce était à l'image de son occupant: austère. Un bureau en acajou de style très classique, un fauteuil derrière et trois autres pour ses visiteurs, pas de cadre de photos, pas de personnalisation de l'espace, même si les armoires et étagères recelaient quelques trésors, que ce soit dans les objets ou livres.

- Merci d'être venus aussi vite. Miss Kalten, la prochaine demi-heure risque d'être pénible pour vous. dit-il en la regardant d'oeil grave.

- Comment vous sentez-vous?

Il ne demandait cela ni par simple politesse ni par un intérêt quelconque de sa santé physique ou mentale. Simplement, il voulait savoir si elle était prête à revivre certains passage de leur soirée mouvementée.
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Ehlana Kalten
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MessageSujet: Re: Une explosion fendit la nuit... [libre]   Lun 12 Jan 2009 - 22:54

- Aussi pénible que vos cours ?

Peut-être qu'il se mettrait en colère, elle aurait peut-être droit à une remarque sensée la remettre à sa place mais qui aurait au moins le mérite de faire dériver ses pensées vers d'autres chemins, moins glauques que ceux qu'elles empruntaient pour l'instant.

Sa mère lui fit les yeux ronds mais Ehlana n'y prit pas garde. Elle réfléchissait.

Comment allait-elle ? Voila une bien drôle de question. Elle était vivante mais morte à la fois. Elle avait côtoyé la mort mais l'avait embousé dans les grandes largeurs. Elle aurait dû en être soulagée mais elle n'y arrivait. Elle avait 14 ans mais avait l'impression maintenant d'en avoir 90. Elle avait vécu de trop près les exactions d'un malade inconnu alors qu'elle aurait dû profiter de ses vacances de Noël en famille comme toute gamine de son âge aurait dû le faire. Finalement, son réveillon allait être aussi morbide que la veille parce qu'elle n'avait pas le cœur à la fête, au repas de famille, au déballage de cadeaux et embrassades. Elle ne voulait même pas rester sur Londres et dès qu'elle aurait fait ce que sa conscience lui dictait de faire, elle ferait ses valises et direction Hastings en ligne droite, sans déviation.


- Je me sens mal. Vous nous apprenez à nous défendre face aux forces du mal mais quand je l'ai en face de moi, j'arrive quand même à finir à Ste Mangouste. Je ne sais pas me défendre et je ne parle pas de défendre les autres. Un Auror est mort sous mes yeux et je ne connais même pas son prénom. J'ai l'impression de... de... je ne sais pas.

Sa voix atone lui semblait même à elle irréelle. Sa nuit sans vrai sommeil avait fait plus de dégâts qu'elle ne l'avait cru. Elle était vidée de force, de mots pour qualifier l'abîme dans lequel elle avait l'impression de s'enfoncer. Elle n'avait même pas pris sa baguette. Pourquoi avoir sur soi un objet qui finalement n'avait aucune utilité quand il s'agissait de se protéger ? C'était stupide non ?

Elle avait de toute façon l'impression de que ces dernières 24 heures n'étaient qu'une immense mascarade, ou un cauchemar qui durait un peu trop longtemps. Une longue nuit qui durait le temps que mettait le Soleil à faire un tour complet autour de la Terre. Mais quand était-ce finit ? Quand aurait-elle l'infini bonheur d'entendre le réveil moldu sonné en fanfare ? Quand est-ce qu'elle pourrait profiter d'un solide petit-déjeuner avec ses parents, dans la cuisine de leur petite maison ? Combien de temps encore allait durer ce mauvais rêve ?


- Je veux me réveiller chez moi, croire que ce n'est que mon imagination qui m'a joué un mauvais tour à force de lire trop de livres d'aventures. Mais ce n'est pas possible n'est-ce pas ?

L'angoisse lui nouait l'estomac. Espérait-elle donc une réponse positive ? Allons bon, pauvre folle, redescend sur Terre ! Tu n'oublieras jamais rien, tu devras vivre avec ça le restant de ta vie. Fait toi y maintenant, ça t'évitera bien des désagréments ! Mais les petites voix de la conscience, même si elles contiennent une part de vérité, n'avaient pas le poids nécessaire pour imposer leur point de vue. Et Ehlana était par trop oppressée par ce vécu pour laisser les petites voix se frayaient un chemin jusqu'à son bon sens.
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Pr. Antiochus Ackroyd
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MessageSujet: Re: Une explosion fendit la nuit... [libre]   Mar 13 Jan 2009 - 9:35

A la fin de sa tirade, le professeur qui avait soutenu son regard sans ciller, hocha un sourcil. Les adolescents étaient une espèce usante, jamais contente de son sort, pensant que la terre entière est contraire et qu'elle n'est jamais comprise. Trollerie en moin, le spécimen devant lui en était une parfaite illustration.

Dans la pièce à présent on aurait pu entendre des doxys voler. Seul le tic-tac d'une pendulette dorée sous cloche venait briser le silence consécutif à l'intervention de la jeune fille qui venait de vider son sac.

- Si vous voulez pleurnicher votre mère est à côté. Ne comptez pas sur moi pour m'apitoyer sur votre sort. Hier soir nous avons fait ce que nous avions à faire. Mon collègue s'appelait John Lavourish. Il est mort dans l'exercice de ses fonctions. Nous acceptons tous cette éventualité quand nous prêtons serment devant le Ministre.

Mine de rien il venait de lui donner quelques informations qu'elle était en droit de savoir pensa-t-il.

Lors de mon premier cours, aussi "nul" fut-il, il me semble vous avoir dit la chose suivante: "Tout ce que vous pourrez imaginer sur les forces du mal n'atteindra jamais un dixième de ce qu'elles sont réellement. Ne vous faites pas d'illusion." Je vous avais également dit que mon souhait était d'essayer de vous préparer, ce qui a été fait. Vous avez correctement su lancer un stupéfix.

Ackroyd se leva et se dirigea vers une grande armoire. Il en sortit une rangée de flacons en verre ouvragé qu'il posa délicatement sur son bureau. C'était plutôt rare de le voir agir avec autant de précaution avec un objet.

- Bien. Vu votre verve, je conclus que vous êtes prête pour la suite. Bien, avant d'utiliser la technique proprement dite, j'ai quelques questions à vous poser. dit-il en s'asseyant et en posant ses coudes sur le bureau.
Miss Kalten, veuillez me dire précisément ce que vous faisiez hier soir seule à Piccadilly Circus, et dans un premier temps, si vous pensez avoir remarqué quelque chose de suspect à l'apparition de nos agresseurs.

A nouveau dans le bureau, le ronron du tic-tac avait repris ses droits. Ackroyd attendait avec impatience cette première réponse pour aller plus loin par la suite. La présence des parents de la jeune fille le gênait mais il n'en souffla mot. Pour l'instant, ils ne compromettait passon entretien avec leur fille.
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Ehlana Kalten
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MessageSujet: Re: Une explosion fendit la nuit... [libre]   Mar 13 Jan 2009 - 22:01

Objectif remplit à 200 % !
Ehlana leva la tête et ouvrit grands les yeux. Pourquoi posait-il une question si c'était pour dénigrer la réponse qu'il recevait ? N'avait-il vraiment aucun intérêt pour ceux qui l'entouraient ? Pour ce qu'on lui disait ? Il jouait le jeu de l'attention alors que derrière, il en avait strictement rien à faire. Question aussi vite oubliée qu'elle était posée. Ses mains tremblèrent d'effroi alors qu'elle s'imprégnait de toutes les informations.


- Que ce soit dans l'exercice de sa fonction ou non, ça n'enlève rien à la cruauté de sa mort ! On ne devient pas Auror pour mourir dans 'l'exercice de ses fonctions', on ne devient pas Auror pour être assassiné dans 'l'exercice de ses fonctions', pour tomber sous les coups d'un sorcier dément qui fait couler le sang tout azimut !

Ehlana serra les poings en douceur pour éviter de les voir trembler plus encore. Elle avait baissé la tête, incapable elle de garder les yeux droits et fiers.

- Et je n'ai jamais dit que vos cours étaient nuls. Mais à quoi cela sert-il de savoir se défendre contre des Inferis quand c'est face à la baguette d'un autre sorcier que l'on finit par se retrouver ? A quoi cela sert-il de savoir lancer un Expelliarmus depuis belle lurette quand c'est le feu qui vous attaque et qu'un simple Protego ni l'eau ne suffisent à contrer les flammes ?

La Serdaigle releva finalement la tête parce que toutes ses questions attendaient, voulaient, une réponse. A quoi cela servait-il d'étudier sept années la magie, d'avoir la possibilité de continuer ensuite pendant 3 ans, si l'on était aussi fragile que les moldus qui avaient leur seule technologie pour se défendre et qui même elle était impuissante ?

Ces interrogations mises à part, elle avait parfaitement capté le message et cela supposait que l'attentat de Piccadilly n'était pas simplement le fait de fous désœuvrés. Ils avaient agit ainsi dans un but bien précis qui échappait pour l'instant à la Serdaigle. Elle avait trop repassé dans sa tête les raisons de la plus folle à la plus raisonnable - si encore tuer était la conséquence d'une décision raisonnable ! - sans avoir trouvé une qui la convainquait. Elle était saine d'esprit et elle ne pouvait pas se placer dans le cas d'un tueur tel que celui qu'ils avaient croisé la veille. Qui était donc la tête pensante alors ?

Ehlana serra les dents à l'attaque suivante, prête à bondir si elle en était capable pour repartir d'où elle venait, mais une main posée sur son bras la dissuada de tout acte inconsidéré. Elle hocha la tête sans regarder son père à sa gauche. Trop sous l'emprise de ses émotions depuis hier, elle essaya tout de même de retourner en arrière pour faire un résumé simple et rapide mais sans omettre de détails.


- J'avais demandé à pouvoir rester sur Piccadilly pour les cadeaux de Noël. Notre hôtel n'était qu'à quelques pâtés de maisons et j'avais quartier libre une heure, pas une minute de plus. On s'était arrêtés devant un étal avant que je ne me sépare de mes parents. Et...

L'ado avait fermé instinctivement les yeux pour mieux revivre les prémices, juste avant l'explosion. Elle avait eu droit à quelques recommandations de plus et avait finalement fait demi-tour pour avoir face à elle la foule bruyante de Piccadilly. La place n'échappait pas à sa réputation d'espace piéton prisé pour ses commerces et autres attractions touristiques en cette soirée. Tout était encore ouvert et hommes et femmes entraient et sortaient des commerces dans la joie de ses fêtes de Noël.

Elle s'était ensuite dirigée vers la fontaine. En se concentrant fort, elle pouvait même distinguer quelques détails vestimentaires des gens qu'elle avait croisé. Pas tous, mais de ces détails qui impriment la rétine. Une écharpe de couleur vive, une couture d'un manteau d'une certaine forme, une personne drapé de noir...


- Je... j'ai croisé un moldu. Enfin, je ne suis plus sûre que ce soit un moldu maintenant, et je n'ai pas vu où il s'est dirigé mais c'est sa tenue qui m'avait interpellé hier. Il avait même je crois comme un brassard vert, autour du bras. Je l'ai entraperçu, très brièvement, sous la manche de... Ça devait être une cape, dit-elle, plus sur le ton d'une hypothèse que d'une franche vérité.

Les pans resserrés sur le torse, on pouvait facilement confondre une cape de facture sorcière avec un long manteau moldu. C'était la manière dont elle avait décelé le tissu vert qui lui faisait plus penser à une cape qu'à une veste tombant jusqu'aux genoux.
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Pr. Antiochus Ackroyd
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MessageSujet: Re: Une explosion fendit la nuit... [libre]   Jeu 15 Jan 2009 - 17:47

Pendant qu'elle continuait à déblatérer sur ses cours et la mort, le professeur se contenta de poser un regard totalement distant sur elle, paupières à demi closes, profitant de l'instant pour anticiper ses prochains mouvements, et surtout la tournure des questions qu'il lui poserait par la suite. Autant gagner du temps.

Pas le temps ni l'envie de répondre a ses questions existentielles d'adolescente tourmentée et en état de choc après l'attaque de la veille. Et puis, tout ça l'agaçait. La sociabilité n'était pas son fort, il le savait, les gens autour de lui le savaient, et ceux qui s'imisçaient dans sa vie ne tardaient en général jamais à le découvrir, ce qui ravissait Ackroyd.

- Essayez de vous concentrer plus sur la première explosion. Ce que vous avez vu, entendu, et remarqué à cet instant là.

Lui-même avait fait la même chose de son côté la nuit dernière. Après avoir fini sa lettre, il emprunta un hibou au Ministère et l'envoya. Après cela, il avait passé la nuit à croiser les informations, et repasser dans sa tête le fil de la soirée.

Il avait réussi à établir le portrait du plus jeune assaillant, ses yeux bleu perçant, ses épais sourcils et ses cheveux très noirs. Après mûre réflexion, il s'était dit que seul son air était juvénile. Il devait bien avoir vingt ans. Son regard avait particulièrement imprégné la mémoire du professeur: froid, sec, haineux, calculateur et absent de toute émotion. C'était le même qu'il avait à son âge quand il avait rejoint les troupes de Voldemort...

- Je vous laisse quelques instants pour réfléchir. Après, je vous aiderai à extraire certains souvenirs pour les collecter dans une pensine. Cela soulagera peut-être votre esprit et fera certainement avancer l'enquête.



HJ: la suite dans le forum Combat Blanc
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MessageSujet: Re: Une explosion fendit la nuit... [libre]   

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